Lundi 23 novembre 2009 1 23 /11 /Nov /2009 15:28
Il y a des moments dans la vie où la moindre petite réflexion provoque une réaction démesurée.
Par exemple, quand je pars du boulot à 19h après 10h d'affilée, sans même avoir été manger ou prendre le temps d'une pause pipi, et qu'on me sort "19h ? t'as pris ton après-midi ou quoi ?", là j'ai envie de répondre par un coup de boule.
A la place, je la joue beaucoup plus civilisée, et je lance d'un aire nonchalant : "non j'ai pris ma journée, connard !". C'est très important le "connard" dans ces cas là !

Je bosse dans la pub, et plus précisemment dans les média.
Une des particularités de ce millieu, c'est la moyenne d'âge... et le fait qu'il y ait 90% de nanas. Alors pour un homme hétéro célibataire, c'est le terrain de chasse idéal.
Question âge, ça se joue en gros entre 25 ans et la petite trentaine.
Et qu'est ce que ça donne que des jeunes qui bossent ensemble ?
Des pétages de plomb genre batailles d'eau, blagues à deux balles (démontage de chaise, changement de configuration de l'ordi...)
Et surtout un groupe d'alcooliques pas anonymes !
Mettez une majorité de jeunes célibataires sans enfants ensemble, et ça donne vite des apéros tous les soirs. Et qui irait dire non à un p'tit verre pour décompresser de la journée de boulot ? Ou une dizaine de p'tits verres parce que la semaine a été dure (ou pas) ? Et puis un verre appelle une clope, quand on blablate ça donne soif, donc on reprend un verre, et une clope, et un verre...
Et allez pas croire que je joue ma prude, j'étais pas la dernière à arriver au bar !
(quand bébé a fait signe, je suis rentrée en sevrage. Le diabolo fraise c'est tout de suite moins convivial...)

Et puis un autre avantage de ce millieu, c'est les soirées. Ah les soirées privées, spéciales VIP avec open bar toute la nuit. En fait bosser là dedans et profiter de tous les avantages c'est un peu comme vivre une deuxième vie d'étudiant mais en mieux payé. On passe d'une soirée à une gueule de bois, et entre les deux, il faut quand même bosser.

Parce que c'est bien beau l'ambiance sympa, les avantages et tout le reste, mais il y a du taff !!
D'ailleurs, c'est pas pour rien qu'il y a que des jeunes...
Qui serait suffisamment con pour vouloir passer sa vie à bosser 12h par jour, voire la nuit et le week-end, être sous pression en permanence, et tout ça pour une paye avec un ratio horaire inférieur au smic ??
D'ailleurs, c'est peut être pour ça qu'on boit...
Alors pendant quelques années, quand on voit tous ses potes aller bosser en costumes cravate et se plaindre de la morosité de leur open space, on se dit qu'on est bien content de pouvoir aller au boulot en jean-converse, d'aller faire des enregistrements en studio, d'assister à des émissions, de faire des déjeuner de travail dans des resto loin d'être dégeulasses...

Et puis un jour, on revient à la réalité.
Déjà, on se rend compte que dans notre entourage de non initiés, personne comprend ce qu'on fait comme boulot, ...même au bout de 10 ans.  "non , je ne travaille pas à la TV... "
Dans les dîners, on arrive toujours la dernière, super à la bourre. Tellement, que tout le monde est habitué et qu'on vous attend même plus pour l'apéro... voire tout le repas, parce que des fois on arrive à l'heure du café...
Quand ça nous arrive de partir du boulot vers six heures (bien sûr pour raison exceptionnelle : visite d'appart, transplantation cardiaque...), on comprend pas pourquoi il y a autant de monde dans le métro. Bah oui, d'habitude, l'heure de pointe c'est fini quand on sort.
On se demande comment ça se fait que les autres arrivent à faire du sport, s'occuper des tâches ménagères, s'occuper de leurs papiers et toutes les démarches administratives, être dispo pour un apéro dès 18h et avoir tout leur week-end de libre. Moi, en semaine, je cours et j'arrive chez moi à 21h. Alors la machine à laver et l'aspirateur, c'est pas mes amis à cette heure là.

Alors ça y est, c'est décidé, c'est fini cette vie là.
C'est plus possible, je change de boulot ! Reste plus qu'à trouver maintenant...
Par Zoé
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Jeudi 19 novembre 2009 4 19 /11 /Nov /2009 12:24
9 mois, c'est long.
C'est très long.
Et ce qui rend une grossesse encore plus longue c'est les conseils à deux balles de tout le monde.
Pourquoi quand on annonce "je suis enceinte", les gens peuvent pas juste dire "toutes mes félicitations... je suis très contente pour toi..."

Non, à la place moi j'ai eu droit à tout et n'importe quoi.
Le récit dans le détail de 14 accouchements, pas toujours faciles. C'est sûr, ça met en confiance et ça rassure vachement pour la suite !!
Mais surtout, j'ai eu droit aux : "tu verras, la grossesse c'est merveilleux... la grossesse c'est que du bonheur... j'ai adooooré être enceinte... t'as de la chance, une femme enceinte c'est magnifique...."
Alors "une femme enceinte c'est magnifique", soit je suis pas comme tout le monde, soit celles qui celles qui n'ont pas eu de chance se sont cloitré chez elles pendant 9 mois !

Perso, on peut pas dire que j'étais au top du glamour...
L'acné de grossesse.
Pendant  l'adolescence je suis passée au travers, je me disais bien aussi que c'était trop beau et ça durerait pas. Il a fallu que les hormones se mettent en ébullition et que je ressemble à une gamine de 15 ans ... avec 15  ans de retard...

Les oedèmes.
Tous les ans, il faut le dire, on a quand même un été pourri sur la région parisienne. Cette année, pour une fois qu'on a un temps vraiment estival, j'ai passé mes journées enfermées chez moi les gambettes en l'air. Comment ça, la chaleur ça fait gonfler ??! je savais pas moi...
Et summum, sur la fin, j'ai adoré ressembler au bonhomme Michelin et être obèse du visage...

Le syndrome de la tortue retournée.
Vous imaginez une tortue qui s'est retournée sur le dos et qui galère pour revenir dans le bon sens ?
Bon, et ben c'est à peu près à ça que je ressemblais les derniers mois au moment de me lever.
Depuis, j'ai beaucoup plus de compassion pour ces petites bêtes. J'en avais déjà, mais maintenant je sais ce qu'elles vivent, ça me touche plus encore.

Et je passe le reste...

Alors dans ce cas là, on prend son mal en patience et on attend la fin.
Et pour que l'attente soit moins longue, heureusement, il y a là encore les commentaires des gens pour remonter le moral. Et  THE  phrase qui est sensé tout changé : "tu verras, après la naissance, tu oublies tout".
Pendant longtemps, je me suis demandée quel était le rapport entre un accouchement et une perte de mémoire partielle.
Je sais pas moi, est ce que les contractions provoquent une réaction dans la tête , genre ça appuie sur notre touche "Reset" ? Est ce que la douleur nous lobotomise ??

Bref, je savais pas trop quoi en penser.
Et là, le jour de la révélation : la naissance.
Alors oui, c'est hyper fort, c'est un moment chargé d'émotion.
J'irai pas comme certaines jusquà dire que c'est une journée merveilleuse au point que je voudrais la revivre. Si on peut trouver une solution pour passer de bébé-dans-le-ventre à bébé-dans-les-bras moi je prend.
En tout cas, j'ai beau être hyper heureuse depuis que mon petit bout est là, j'ai pas pour autant oublié les 9 mois qui ont précédé son arrivée. Je sais pas,  ça a pas marché sur moi, je suis peut être trop terre à terre ?... Je fais juste la part des choses entre grossesse et bébé.

Alors apparemment, comme j'ai la franchise d'assumer ce que je pense, je suis soit disant une mère indigne...
Et ben tant pis, le seul qui peut le dire, il sait pas encore parler et il me fait plein de sourires. Si c'est comme ça qu'on réagit avec une mère indigne, je veux bien qu'on me colle cette étiquette.

Par Zoé
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Mardi 17 novembre 2009 2 17 /11 /Nov /2009 23:08
A partir d'aujourd'hui, c'est décidé, je deviens méchante.
Première étape, j'arrête d'être trop gentille avec tout le monde.
Deuxième étape, je sors les crocs dès que je peux.
Je me dis, je suis déjà bien partie, moi qui cherche toujours la petite bête, le petit détail à critiquer, sur lequel faire un brin d'ironie. ça devrait donc pas être trop dur d'aller plus loin.

J'entend souvent que les personnes qui font ça, c'est des frustrés, des personnes qui ne sont pas satisfaites de leur vie et qui cherchent à critiquer tout ce qui les entoure pour les rassurer.
C'est vraiment n'importe quoi !!!
Pour ma part, Ok je dirai pas que ma vie est parfaite (parce que ça éxiste peut être une vie parfaite ??), mais je ressemble pas encore à une vielle fille aigrie qui va nourrir les pigeons pour s'occuper parce qu'elle a rien d'autre dans sa vie.
Pas du tout, au contraire, je dirai même que je suis plutôt active, voire trop.
Je suis très entourée que ce soit par ma famille ou mes amis, pas de problème de ce côté là non plus.
Non, tout simplement, j'aime bien jouer la "langue de pute".
Et puis dans le fond, je suis jamais vraiment vraiment méchante (mais ça va venir, je vais m'améliorer), et je ne porte jamais préjudice aux autres, alors pourquoi pas ?
J'aime bien la critique acerbe et l'humour grinçant, je trouve ça drôle c'est tout, et j'assume !
Moi, les bons sentiments bien dégoulinants, et le monde magique des bisounours, très peu pour moi !!
Allez, je fais juste une exception : quand je suis avec mon fils. Là, ok, je deviens comme toutes les jeunes mères gaga qui se mettent à gazouiller. Heureusement que personne me voit dans ces cas là, ça casserait complètement mon image...

Mais pourquoi vouloir absolument devenir méchante ? C'est vrai c'est pas logique, c'est pas le genre de but qu'on se fixe dans la vie quand on est petits : "moi plus tard, je serais super super méchante, et ce sera trop bien ! je penserai qu'à moi, je forcerai les gens à faire ce que je veux, et les autres je m'en fous !!"
Et bien, parce que quand on est méchant, on vit plus longtemps.
Qui n'a jamais entendu l'adage "ce sont les meilleurs qui partent en premier" ??
Et des exemples, on en a tous dans notre entourage.
En tout cas, dans ma famille, c'est bien le cas.
Une des mes grandes tantes, profondément machiavélique, a réussi à enterrer tous ses frères et soeurs. Ca fait dix ans qu'elle annonce sa mort imminente, et elle a une santé de cheval.
Et à côté de ça, si je prend mes parents, c'est exactement le contraire. Ils sont profondément bons, ils se sont sacrifiés pour leurs enfants, ils ont le coeur sur la main, et résultat des courses : ma mère a une maladie orpheline incurable, et je viens d'apprendre hier que mon père a un cancer.
Est-ce que c'est juste ? Clairement non... mais c'est comme ça la vie, c'est dégueulasse et il faut faire avec.

Alors du coup, j'ai décidé de m'entraîner à devenir méchante. Peut être que ça marchera, et que moi aussi je serai en pleine forme à 85 ans.
Et puis ce sera aussi une manière de me blinder, et de pas laisser ressortir ce que je pense dedans, mais ça c'est encore un autre sujet. Dans ma famille, il y a deux réalités : la vraie et celle dont on parle ouvertement. Et tout ce qui est trop perso, ou toutes les démonstrations, on se les garde pour soi. On a pas toujours besoin de parler pour se faire comprendre.
Par Zoé
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